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Wilhem Durand – 3D Animator

Et c’est le retour d’anciens collègues de Lightbulb Crew pour mon plus grand plaisir ! J’ai eu la chance de poser quelques questions à Wilhem Durand, animateur 3D travaillant actuellement avec Superseed Studio.

Je me souviens très bien de nos cours de boxe après le travail et de quelques défis comme faire le meilleur temps en gainage. Mais le plus important, c’était l’amitié et le soutien mutuel au sein de notre petit groupe. J’espère que vous aimerez tous en apprendre plus sur lui et son travail !


Bienvenue Wilhem ! Pourrais-tu expliquer à nos lecteurs qui tu es ?

Bonjour, je m’appelle Wilhem. Je suis français, j’habite à Paris et je suis animateur 3D depuis presque 5 ans. Je suis diplômé de New3dge Paris, n’ayant eu quasiment aucun cours d’animation (oui, c’est drôle) ! J’ai donc appris l’animation par moi-même. Merci pour cette interview Johanna, je suis très heureux d’y répondre !

Comment s’est déroulé ton parcours dans l’industrie du jeu vidéo jusqu’à présent ?

J’ai été embauché rapidement après avoir obtenu mon diplôme. Ma première entreprise était Lightbulb Crew, où j’ai travaillé sur le projet Othercide. C’est là que j’ai vraiment commencé à apprendre l’animation. Après cette expérience, j’ai fait un bref passage chez Spiders. Puis Shiro Games m’a contacté pour m’offrir un emploi dans leur studio sur le projet Dune : Spice Wars. Je les ai rejoints à Bordeaux et j’y suis resté 2 ans et demi. Ce fut une expérience riche qui s’est terminée il y a un an. Je suis revenu à Paris et je travaille maintenant en tant que freelance avec Superseed Studio.

Animation for Duncan, character in Dune: Spice Wars made by Wilhem Durand
Animation d’attaque pour Duncan (Dune: Spice Wars) © Wilhem Durand
Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir animateur 3D ?

Lorsque j’étais chez New3dge, je me dirigeais plus vers un profil d’artiste mais j’ai toujours eu l’animation en tête car j’ai été attiré à l’origine par le domaine artistique grâce aux films d’animation. Au cours de mes études, je me suis intéressé aux jeux vidéo et, suite à un cours d’introduction à l’animation 3D, j’ai été convaincu qu’il fallait que je tente cette voie, même si l’école ne proposait pas de cours pour devenir animateur 3D.

Après avoir discuté avec le corps enseignant, celui-ci m’a encouragé et soutenu dans mon choix, ce qui était assez surprenant. J’ai donc pu apprendre par moi-même pendant ma dernière année et faire mes preuves en animation, notamment pour mon projet de groupe de fin d’année.

Bien que ce soit mon choix, j’ai été bien soutenu ce qui m’a conforté dans ma décision. Je voudrais profiter de cette occasion pour les remercier, et en particulier l’un de mes amis les plus proches (Wodhy) avec qui j’ai travaillé sur mon projet de fin d’études et qui m’a soutenu jusqu’au bout.

Johanna : C’est vraiment cool de voir que les enseignants t’ont soutenu dans ton choix ! Tu as trouvé ton truc et il aurait été dommage de faire autre chose juste parce qu’ils auraient décidé que ce n’était pas possible pour toi. On dirait que tu étais destiné à devenir animateur !

As-tu déjà eu envie de travailler pour d’autres mediums que les jeux ?

Pas pour le moment. J’aime beaucoup les jeux vidéo. Pour l’instant, j’ai plus envie de participer à la création d’un jeu vidéo qu’à celle d’un film. Je suis attiré par les contraintes liées à la réalisation d’un jeu, comme la limite du squelette, les contraintes de gameplay, etc. Ce qui est intéressant dans ce domaine, c’est qu’il faut faire vivre le personnage, lui donner une personnalité afin d’inciter le joueur à choisir ou à accepter ce personnage sans gâcher son expérience de jeu.

Par exemple, si vous jouez à un jeu de combat mais que l’animation de votre personnage met trop de temps à démarrer, cela peut gâcher le plaisir du joueur. C’est tout cela qui fait l’attrait et la difficulté de l’animation dans les jeux vidéo.

Samus run animation made by Wilhem Durand
Animation de course pour Samus © Wilhem Durand
Quelles sont les principales missions d’un animateur 3D ?

Le travail principal d’un animateur consiste à donner vie à des personnages en 3D, en créant des mouvements qui s’intègrent dans le jeu. Il s’agit également d’essayer de transmettre les souhaits du Game Designer. Par exemple, il peut venir me voir et me demander de créer une attaque de zone où l’ennemi déploie du gaz. C’est à moi de traduire cela en une animation sympathique, originale et efficace.

Il faut tenir compte du poids du personnage. On n’anime pas un grand guerrier de la même façon qu’un petit elfe, ou une créature avec des ailes, etc. Selon la taille du studio, l’animateur 3D peut également s’occuper des rigs. Ce que j’aime aussi dans mon métier, c’est qu’on intervient en fin de chaîne de production, nos animations sont censées contribuer au résultat final et on les voit prendre vie, pour être ensuite sublimées par l’artiste FX.

As-tu rencontré des difficultés au cours de ton parcours ?

La première chose qui me vient à l’esprit est ma première entreprise (Lightbulb Crew) car j’avais tout à prouver. Je sortais de l’école et ils m’ont donné ma chance bien que je n’avais aucune expérience professionnelle dans l’animation. Je remercie Alexandre Chaudret et Jérôme Sounthavong, respectivement Directeur artistique et Lead animateur à l’époque, de m’avoir donné cette chance.

Regenerator animation made by Wilhem Durand for Othercide
Animation du Regenerator (Othercide) © Wilhem Durand

En ce qui concerne mon expérience chez Shiro, le défi consistait à travailler sur de longues animations et à faire du théâtre, ce qui était nouveau pour moi. Plus précisément, j’ai animé les chefs des factions dans Dune : Spice Wars et j’ai dû faire de l’animation faciale pour la première fois, ce qui est plus subtil que l’animation de combat.

As-tu des jeux préférés en matière d’animation 3D ?

Le premier qui me vient à l’esprit est Darksiders Genesis par AirShip Syndicate. Je suis fan de la direction artistique. La sensation que j’ai quand je tiens la manette en main est saisissante, surtout avec leurs animations d’exécution, car on sent l’impact du coup sur l’adversaire, le poids, le rythme, et tout cela me transmet des émotions en tant que joueur. J’ai adoré les voir encore et encore.

Il y a aussi le premier Spider Man d’Insomniac Games. Je pense qu’en termes de sensations, c’est un plaisir d’entrer en contact avec le personnage et de tisser sa toile dans les rues de New York. Les poses sont admirablement précises et je pense que ce jeu est unique en son genre.

Johanna : Spider Man est INCROYABLE ! Les animations sont tellement fluides, on se sent bien quand on se promène dans la ville et qu’on combat un tas d’ennemis.

Le troisième exemple est Bleeding Edge de Ninja Theory. Étonnamment, je n’y ai pas joué, mais les animations que j’ai vu sont tout simplement trop cool, vivantes, fraîches et inspirantes.

Y a-t-il des projets personnels ou professionnels sur lesquels tu as été particulièrement fier de travailler ?

Je dois admettre que j’ai un peu de mal à être fier de mon travail, car j’ai un peu le syndrome de l’imposteur. Mais je pense que je suis satisfait de l’animation de la course de Samus et du backflip du Space Marine parce que je me suis amusé avec eux, j’ai trouvé le rythme et le plaisir que je recherchais.

Fat marine flipping animation made by Wilhem Durand
Backflip du Space Marine © Wilhem Durand
Comment restes-tu créatif en dehors du travail ?

Il n’est pas toujours facile de rester créatif lorsque l’on tombe sur de superbes animations réalisées par d’autres. Je dirais à travers la musique, les discussions avec des collègues/amis et les animations que je vois sur Internet ou dans les jeux. J’aime beaucoup travailler avec de nouveaux rigs de personnages, découvrir leurs subtilités et imaginer les personnages dans telle ou telle situation.

As-tu d’autres choses à nous dire ?

Selon moi, le plus important est de ne pas oublier de s’amuser. Le fait de s’amuser le plus possible fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en vous et cela se voit dans les résultats de votre travail. Il ne faut pas oublier qu’il faut du temps et de l’expérience pour être bon.

Johanna : Absolument ! Il est si facile d’oublier de s’amuser. Prendre du recul et se reconnecter à soi-même et à ce que l’on aime dans ce que l’on fait en premier lieu peut définitivement aider.

Par expérience, j’entends l’expérience professionnelle mais aussi l’expérience humaine : parler aux gens, comprendre leurs visions, leurs objectifs mais aussi leurs contraintes. Personnellement, je considère qu’il est préférable de faire équipe avec quelqu’un de sympathique avec qui je peux boire une bière plutôt qu’avec un intransigeant qui pense individuellement.

Wilhem Durand, 3D Animator at Superseed Studio

Wilhem Durand – 3D Animator
Twitter / ArtStation


Merci beaucoup pour ton temps, Wilhem ! Je pars prochainement pour quelques jours et je reviendrai bientôt avec une tout nouvelle interview, en attendant prenez soin de vous !

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